Introduction
La perte musculaire est l’une des préoccupations les plus importantes, mais les moins reconnues, chez les personnes qui prennent des médicaments GLP‑1. Sans la bonne approche, 25 à 40 pour cent du poids perdu avec le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) ou le tirzépatide (Mounjaro, Zepbound) peuvent provenir de la masse maigre plutôt que de la graisse. La perte musculaire ralentit le métabolisme, fragilise les articulations et augmente le risque de reprise de poids après le traitement. La bonne nouvelle, c’est que deux mesures simples peuvent nettement modifier la répartition en faveur de la perte de graisse : un apport suffisant en protéines et l’entraînement en résistance.
La perte musculaire réellement observée
Une revue systématique et méta-analyse de 2026 publiée dans l’International Journal of Obesity a examiné les agonistes des récepteurs du GLP‑1 aux doses utilisées pour la prise en charge de l’obésité et a constaté que le sémaglutide était associé à une réduction de 9,9 pour cent de la masse maigre absolue par rapport au niveau initial. Même si la proportion de masse maigre par rapport au poids corporel total s’est en fait améliorée (car la perte de graisse était plus importante), la perte absolue de muscle reste cliniquement significative.
Lors des sessions scientifiques 2026 de l’American Diabetes Association, l’étude BELIEVE a montré que l’association du bimagrumab et du sémaglutide orientait 92,8 pour cent de la perte de poids totale vers la masse grasse, contre 71,8 pour cent avec le sémaglutide seul. Cela montre qu’il est possible d’améliorer encore la qualité de la perte de poids au-delà de ce que le médicament permet à lui seul.
Dans les essais cliniques, le schéma est constant : sans stratégies délibérées de préservation musculaire, une part importante du poids perdu correspond à de la masse maigre. Avec les bonnes interventions, cette proportion diminue considérablement.
Le protocole protéiné qui protège les muscles
Les protéines constituent la variable nutritionnelle la plus importante pour préserver les muscles pendant un traitement par GLP‑1. La méta-analyse de 2017 de l’International Society of Sports Nutrition et les recommandations de 2024 du British Journal of Sports Medicine recommandent toutes deux 1,2 à 1,6 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel chaque jour pour préserver les muscles pendant une perte de poids. Les personnes qui pratiquent régulièrement l’entraînement en résistance peuvent avoir besoin de 1,6 à 2,0 grammes par kilogramme.
Voici des stratégies pratiques pour atteindre votre objectif lorsque votre appétit est réduit :
- Répartissez les protéines sur trois ou quatre repas, en visant 20 à 30 grammes par repas pour optimiser la synthèse des protéines musculaires, qui nécessite environ 2,5 à 3 grammes de leucine par repas pour être déclenchée efficacement.
- Mangez d’abord les protéines à chaque repas avant de vous servir des autres aliments. Lorsque l’appétit est limité, cela garantit que le macronutriment le plus important est prioritaire.
- Privilégiez les sources de protéines liquides ou molles lorsque les aliments solides ne vous attirent pas. Le yaourt grec, le fromage blanc, les shakes protéinés et le bouillon d’os sont plus faciles à consommer pendant les périodes de forte diminution de l’appétit.
- Ne descendez pas sous 1 000 à 1 200 calories par jour chez les femmes, ou 1 200 à 1 500 chez les hommes. Une restriction calorique excessive accélère la dégradation musculaire, quelle que soit la quantité de protéines consommée.
Pourquoi l’entraînement en résistance est indispensable
L’entraînement en résistance est le signal le plus fort que votre corps reçoit pour conserver ses muscles pendant un déficit calorique. De nombreuses revues systématiques et méta-analyses confirment que l’entraînement en résistance est efficace pour maintenir la masse musculaire pendant une restriction calorique chez les personnes en surpoids ou obèses.
Le minimum efficace est de deux à trois séances par semaine ciblant les principaux groupes musculaires. Vous n’avez pas besoin d’un abonnement à une salle ni de matériel lourd. Les exercices au poids du corps comme les squats, les pompes, les fentes et le travail avec des bandes de résistance suffisent à envoyer à votre corps le signal nécessaire pour qu’il donne la priorité au maintien de vos muscles.
Les recommandations actuelles en matière d’activité physique préconisent 150 à 300 minutes d’exercice d’intensité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’exercice d’intensité soutenue, ainsi que des activités de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine. Pour les personnes prenant des médicaments GLP‑1, le volet renforcement est le plus important pour préserver la masse maigre.
Suivez vos progrès au-delà de la balance
Le chiffre affiché par votre balance ne vous dit pas si vous perdez de la graisse ou du muscle. Deux personnes peuvent perdre le même poids tout en connaissant des changements très différents de leur composition corporelle. Suivez ces indicateurs :
- La façon dont vos vêtements vous vont : Perdre des centimètres alors que le poids stagne indique souvent une perte de graisse avec maintien ou gain musculaire.
- Votre niveau de force : Si vous soulevez le même poids ou davantage pendant vos entraînements, votre masse musculaire est probablement stable.
- Votre énergie et votre récupération : Un apport suffisant en protéines et une masse musculaire adéquate contribuent à soutenir votre niveau d’énergie et à accélérer votre récupération entre les entraînements.
Suivez vos protéines avec Shotsy
Shotsy vous permet de noter votre apport quotidien en protéines avec votre poids et vos effets secondaires, afin de voir si vous atteignez l’objectif de 1,2 à 1,6 gramme par kilogramme. Si vous utilisez une autre application de nutrition, Shotsy+ peut importer automatiquement vos données de protéines via Apple HealthKit afin que tout reste au même endroit.
Conclusion
Pour aller plus loin, consultez le guide sur l’apport en protéines, le guide sur l’exercice pendant un traitement par GLP‑1 et le guide sur la dose d’entretien.
La perte musculaire liée aux médicaments GLP‑1 est réelle, mais largement évitable. Travaillez avec votre équipe soignante pour définir un objectif de protéines, généralement de 1,2 à 1,6 gramme par kilogramme de poids corporel par jour selon les recommandations publiées, pratiquez un entraînement en résistance au moins deux fois par semaine et évitez une restriction calorique trop agressive. Ces trois habitudes protègent votre métabolisme, favorisent le maintien du poids à long terme et vous aident à faire en sorte que le poids perdu soit bien celui que vous souhaitez perdre.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez toujours votre médecin avant de modifier votre traitement ou votre routine de santé.